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...de châteaux, Pont-Rémy


En 2012, peu après son incendie, j'écrivais que plusieurs années auparavant, au milieu du parc envahi par la végétation, l'on distinguait encore le vieux château de Pont-Rémy, pointant ses doigts de tours de pierre ; que ce château, témoin d'une longue et riche histoire n'était plus réduit qu'à l'état de ruine fantômatique et romantique, perdue et cachée au milieu des arbres et des ronces... Mais aujourd'hui...

Edifié sur un petit îlot de la Somme, le château fut incendié par les troupes de Philippe de Bourgogne en 1425 (en même temps que les châteaux voisins d'Eaucourt et de Mareuil) pendant la guerre de 100 ans. Reconstruit probablement par Jacques de Créquy peu après, il eut l'honneur de recevoir plusieurs hôtes illustres, parmi lesquels :

- la reine Eléonore qui y dîna un soir de 1531 avec le dauphin avant d'aller rejoindre François Ier à Abbeville,

- le roi Henri II qui y logea le 15 août 1549,

- Marie Stuart, après la mort de François II y logea lors de son retour en Ecosse,

- le roi Henri IV y dormit le 17 août 1594 avant de faire son entrée à Abbeville,

- et enfin le cardinal de Richelieu, le 16 décembre 1638 vint y dormir. Un incendie éclata durant la nuit, détruisant une grande partie du château.

Possession de la puissante famille de Créquy, Pont-Rémy entra ensuite par alliance dans celle de la Trémoïlle jusqu'à sa vente en 1720 à Michel-Robert le Peletier des Forts, comte de Saint-Fargeau, ancêtre du révolutionnaire Louis-Michel le Peletier de Saint-Fargeau qui vota la mort de Louis XVI et dont la fille Suzanne se défit au profit du comte Pierre-François du Maisniel de Liercourt en 1817.

C'est ce dernier qui fit entreprendre les importants travaux de restauration qui donnèrent au château l'aspect qu'on lui connaissait. Le style néogothique employé, assez précoce dans la région, para les murs de fenêtres ogivales, de fleurons, d'une rosace et d'un étonnant mur arrondi qui faisait penser à l'abside d'une église. Seules de l'ancien édifice avaient été conservées une grosse tour avec ses machicoulis et l'ancienne tourelle d'escalier.

le château et l'un des salons au début du 20ème siècle

Marthe du Maisniel de Liercourt épousa son cousin Fernand du Maisniel de Saveuse, qui possédait le château voisin de Cocquerel. Elle mourut fort âgée en 1934, après sa fille, la comtesse de Bécourt. A la mort de sa petite-fille, la comtesse Yvonne de Coux en 1955, le domaine est mis en vente et connait une rapide déchéance.

le château dans les années 1960 - 1970

Plusieurs propriétaires se succéderont sans que jamais le château ne bénéficie d'une quelconque restauration, jusqu'à ce que l'espoir renaisse en 1992...

Pont-Rémy est alors acquis par un nouveau propriétaire fourmillant d'idées quant à la valorisation du domaine, le château est même inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques.

Malheureusement, les fourmillantes idées resteront à l'état de projet et aucune consolidation, aucun entretien ne seront apportés...

le château au début des années 1990

Négligé, abandonné, la végétation reprendra vite ses droits, masquant à la vue des passants le vieux château en train de mourir. La tour du 15ème siècle finira même par s'effondrer partiellement au milieu des années 2000. La municipalité, inquiète du sort de cet élément de son patrimoine, tentera à plusieurs reprises de tirer la sonnette d'alarme mais le propriétaire refusera toute main tendue, laissant le pauvre château dans un abandon coupable, ouvert aux visiteurs en tous genres, aux pilleurs qui achèveront de piller et d'en saccager les intérieurs...

au milieu des années 2000, la vieille tour du 15ès, épuisée par les assauts du temps finira par s'effondrer...

(photo du Courrier Picard)

Et puis le pire survint : dans la nuit du 13 au 14 août 2012, des mains malveillantes incendièrent le château ; château dont il ne restait plus au réveil que des murs encore plus fragilisés...

le château en flammes (photo du Journal d'Abbeville du 14 août 2012)

Il faudra attendre 3 longues années pour qu'enfin l'avenir du pauvre château s'éclaircisse enfin. La municipalité s'est en effet portée acquéreur du site le 30 octobre 2015 pour la somme de 175 000 euros. Le château ne sera -hélas- pas relevé mais les ruines seront consolidées et le parc réaménagé (article du Courrier Picard).

En mars-avril 2016, le parc a d'abord été débarrassé des arbres et de la végétation qui envahissaient anarchiquement les abords des ruines, permettant ainsi aux passants de (re)découvrir le château caché pendant plus de 20 ans (d'autres arbres doivent encore être abattus, notamment le long de la Somme et ceux bordant le parking).

Des experts sont déjà venus sur le site afin de préciser les travaux qui devront être menés concernant les ruines ; ainsi les murs, encore bien fragiles, seront "dévégétalisés" et les ruines débarrassées des gravats qui s'y trouvent encore et surtout des plantes et des arbres qui poussent à l'intérieur afin de permettre l'aménagement du parc et son ouverture au public.

Cela faisait bien longtemps que le château n'avait pas vu autant de personnes se pencher sur son sort et lui porter un peu d'attention ! Il reste à espérer que les travaux et les aménagements se poursuivront à un bon rythme et que, pour

2017, l'on puisse flâner autour du vieux château.

Aujourd'hui, depuis le chemin de halage et depuis la route,

l'on peut à nouveau admirer le château et sa délicate architecture

#château

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